Une odeur de pneu brûlé

L’odeur, atténuée certes mais néanmoins présente, de pneu brûlé, celle-là même que sentaient mes filles lorsque je me préparais une théière de Lapsang Souchong, cette odeur donc de caoutchouc vulcanisé m’avait plu en prenant en main ce stylo-plume. Sa ligne était séduisante : un parfait cylindre, sans agrafe pour rompre la ligne, une taille que je jugeais alors idéale.

Dans l’ambiance de cette bourse de collectionneurs, je cédais et repartais avec. J’avais pris peu de temps pour l’essayer mais sa plume était très douce, pas flexible pour deux sous mais parfaite pour l’usage de prise de notes auquel je destinais ce stylo-plume.

Nucifera

Son créateur l’avait baptisé Nuciféra. L’exemplaire que j’avais choisi était fait à partir d’un barreau d’ébonite marbrée couleur myrtille et cette robe était chatoyante.

Léger en main, en dépit d’un corps peut-être à peine trop fin, il pourrait être le compagnon de longues soirées d’écriture, la main pausée l’instant de l’inspiration du soufre de l’ébonite, mon clope à moi qui, depuis des années, tient mon stylo en suspension avant que ses volutes ne viennent se coucher sur le papier.

Avec moins d’inspiration qu’Étienne Gros mais ceci est une autre histoire.

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