Nouveau souffle

Un jeune couple de souffleurs de verre s’est installé au bord de la route de Saint-Sauves à la sortie de La Bourboule. J’étais passé à plusieurs reprises devant mais, en sortant de ma visite à l‘exposition internationale des arts verriers, je m’arrêtai sur le petit parking pour pousser la porte de la boutique-atelier.
Ils avaient fini la démonstration de fabrication de pièces en verre soufflé et l’homme, resté seul dans la boutique, se consacrait à la vente.
Je faisais le tour des rayonnages, détaillant les diverses pièces utilitaires, retenu un instant par des soliflores colorés mais pas de coup de coeur. La marche était haute après ce que j’avais rue du Château. Les quelques pièces fantaisie me faisaient penser à la tortue presse-papiers que j’avais offerte à ma fille aînée pour son anniversaire.
J’allais ressortir de là quand je vis une affichette proposant des stages d’initiation aux techniques de souffleur de verre, selon 4 formules, d’une initiation de 15 minutes au stage d’une journée complète. En discutant un peu, je décidais de revenir deux jours plus tard pour passer une heure à suer et à travailler le verre.
Après quelques rappels de sécurité, le verre sort du four à 1100°C, le métal est conducteur thermique, et me voilà avec ma première canne sous les doigts…
Trouver la bonne vitesse de rotation pour le verre se distribue uniformément par la seule grâce de la pesanteur et de la force centrifuge(?)….. Et puis, délicatement mais volontairement, venir pincer la matière chaude pour faire les pétales de ce qui sera une rose. On prend trop de temps, le verre refroidit, se durcit et il est tout juste temps de faire « sortir » le verre de la canne pour pouvoir venir le trancher au ras du bec.
5 roses plus tard, le roulé de la canne sous mes doigts se fait plus régulier et ma rose devient artistiquement satisfaisante, compte tenu de mes capacités intrinsèques en la matière. Il est temps de passer à la seconde partie de la séance.
Objectif boule, et plus précisément une boule de verre, de Noël, façon Meisenthal, enfin je me contenterai de réaliser la première étape, c’est à dire souffler une boule aussi sphérique que possible sur laquelle mon maître viendra apposer bouchon et anse de verre.
Le principe est simple : on charge la canne avec un pâton de verre que l’on façonne pour le rendre sphérique avant de souffler dans la canne pour obtenir une belle boule creuse que l’on viendra cisailler comme précédemment.
Principe de la démo? Chance du débutant? La première boule que je souffle, grâce à un re-passage au four il est vrai, est à peu près réussie, à une petite rainure près. Hop! Dans le four de recuit une fois son bouchon et sa anse mis en place.
Le soufflage des boules suivantes tourne au fiasco. Trop de précipitation? La pesanteur? Mes boules s’étirent désespérément tandis que je m’époumonne à souffler dans la canne. Etirées aux limites d’épaisseur du verre, l’opération s’achève dans un « pop » et des morceaux de verre sur le sol.
Le dernier essai me permet finalement de souffler une drôle de patate pompeusement appelée « boule » avant de rendre mon tablier. J’ai perdu deux litres d’eau, j’ai tâté du côté « vivant » du verre. Ce petit stage d’une heure est passé très vite mais était très instructif.
Le lendemain matin, je suis allé récupérer les pièces fabriquées qui avaient passé la nuit dans le four de recuit pour homogénéiser la structure du verre. Petits souvenirs de vacances…

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