Sur la jante

Je suis le troisième garçon d’une fratrie de quatre où la seule fille, l’aînée, eut à souffrir de ses trois frères. Enfin, je me plais à penser que ce sont les aînés qui, si proches d’elle en âge, jouaient leur place.

En retrait, né des années plus tard, je grandis différemment, moins près de la  mécanique, je passais du vélo à la voiture, préparant, mollement selon ma mère, mon permis de conduire que j’eus néanmoins du premier coup.

Mon frère aîné adorait la mécanique, avait eu mobylette et une Yamaha 125 avant de racheter une Simca 1100 Spéciale pour ses carburateurs double corps. Je m’appliquais à contrôler ma voiture sur son modèle. Huile, lave-glace, ampoules, je maîtrisais.

Il me prit un samedi matin d’automne de vouloir contrôler l’état des disques.de frein ainsi que l’usure des plaquettes. je ne sais pas trop ce que j’aurais pu tirer de cette information mais je démontais successivement les roues avant, jetais un regard et remettais la roue, avec le sentiment du devoir accompli.

L’après-midi, je me rendis à la ville voisine distante d’à peine six kilomètres. Em me garant, j’entendis un bruit à gauche, n’y prêtais pas trop d’importance en remettant à mon retour à la maison le temps de l’investigation. En repartant, le bruit était toujours là, évidemment. Il s’amplifia même en chemin. Je ne sentais rien de particulier dans la direction. j’avais vérifié la pression des pneu : pas de crevaison.

J’étais à un kilomètre à peine de la maison quand j’eus la brutale explication. En m’arrêtant au feu de la Pointe Saint Loup (là où Jeanne d’Arc pris pied sur la rive droite de la Loire avant de libérer Orléans), la voiture s’inclina sur l’avant-gauche avec un bruit de ferraille.

Je descendis, le feu encore rouge, pour me rendre compte que la roue n’était plus à sa place e tétait juste appuyée contre l’aile, retenue par le passage de roue. L’enjoliveur avait retenu les vis mais la jante était inutilisable, les trous ovalisés. Je la remontais sur place, de manière un peu inconsciente avec le flux de la circulation mais je n’avais guère le choix pour la sortir de sa fâcheuse position. Je fis 20 mètres pour me garer sur un petit parking pour mettre la roue de secours, heureusement bien gonflée, l’avais-je contrôlée le matin?, et surtout détordre la tôle de protection du disque qui avait rempli son office mais frottait contre le disque.

Depuis lors, je n’ai plus jamais regardé mes plaquettes de freine j’ai tendance à serrer un peu fort les écrous de mes roues.

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