Drôle de tambouille

Quand les Allemands se piquent de cuisine asiatique, cela a un petit côté indigeste. Et les Pelikan laqués seraient plutôt durs à avaler !

PELIKAN MAKI-E UNIQUE COLLECTION Orizzontale

 L’art du laque requiert patience, minutie et talent pour, au fil des heures, des jours, des semaines, recouvrir ce qui n’était qu’un cylindre d’un matériau plus ou moins noble, d’un motif plus ou moins complexe, aux incrustations plus ou moins précieuses et parvenir au résultat si admirable d’un Maki-e, dun Raden, d’un Ryukyu Tsuikin, …Des noms aux antipodes d’un Snorkel ou d’un Bulkfiller….

La moindre vidéo traitant du sujet sur YouTube est facteur d’admiration pour le travail du maître-laqueur.

https://youtu.be/zmLZR9kvI78

https://youtu.be/hn8jVZ0yCko

C’est du Grand Art. Sied-il à la sélection d’un stylo? Je n’en suis pas persuadé. Je suis plus enclin à admirer la technicité du mécanisme d’un Pilot Capless, la complexité d’un Sheaffer Snorker, de l’ingéniosité fiable d’un Bulkfiller qui accompagneront sans faillir l’utilisation d’un stylo-plume.

D’autres fabricants de stylos, plus proches de l’industrie du luxe, délaissent le laque et rivalisent dans la profusion d’éditions millésimées, comme si un stylo pouvait avoir la noblesse d’un grand crû.

C’est la course aux armements, des signatures d’illustres personnages reproduites par gravure au laser aux incrustations de pierres plus ou moins précieuses, en passant par le ciselage ou les marqueteries, ces stylos se veulent du rêve et leur destinée est vantée par de luxueuses brochures sur papier glacé, énumérant avec un déluge de mots et de photos la vanité d’avoir imaginé pareil joyau ! Doigts boudinés, phalanges osseuses ? Menue menotte, grosse paluche? Grand calme, petit nerveux? Belles lettres, pattes de mouche? Qu’importe? Ces engins semblent plus destinés à trôner sur un bureau, à briller dans une vitrine qu’à rédiger la Déclaration des Droits de l’Homme ou la Charte de Venise !

Entendons-nous bien, ces éditions limitées peuvent être belles, mais nous ne sommes pas dans l’art de l’écriture, n’en déplaise à Montblanc. Ce serait plutôt l’accumulation de richesses et 12 Pelikan Maki-e bien alignés ne vous feront pas mieux écrire. Ils ne semblent destinés, au mieux, qu’à parapher un gros contrat, établir un chèque, pas à écrire une lettre enflammée à l’être cher.

J’attends d’un stylo plume que l’alimentation en encre soit régulière, que ses dimensions et sa masse en fassent un instrument fidèle et agréable pour noircir feuillets et carnets. Qu’il s’agisse d’un vieux Pelikan 400, d’un moderne PIlot Capless, d’un cigare d’ébonite tourné par un artisan d’art, voire d’un commun Lamy Safari, il remplira sa mission pourvu que sa plume convienne à mon écriture, que le réservoir et le conduit d’alimentation me fournissent en encre selon le débit souhaité.

Le reste n’est qu’apparat et lourdeurs, je frôle l’indigestion.

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