Les ailes brisées

Quel enfant n’a pas rêvé un jour de devenir vétérinaire? Surtout si, dès son plus jeune âge, il a été mis au contact d’animaux. Entre les vacances à la ferme, c’est le début des années 70, et un chien à la maison, je fus un de ces enfants-là.

Petit dernier d’une fratrie de 4, avec 6 ans d’écart avec mon frère le plus proche, mes parents me procurèrent un chien quand j’avais 3 ans. C’était un chiot femelle pure corniaud, pas très grande. Elle fut nommée Zouka par ma mère. Un nom court, facile à dire par le petiot que j’étais et suffisamment original sans tomber dans le burlesque. Je n’étais pas seul, loin de là, à m’occuper d’elle mais je passais beaucoup de temps avec elle même si, en cachette, je rêvais des Grands Danois arlequins de la rue des Déportés.

Mais, avec Zouka à la maison, puis Scotch, issu de ses amours vagabondes, venu lui tenir compagnie, ma voie était tracée et si je feuilletais encore souvent « Que ferai-je plus tard? », mais autant que « C’est arrivé ce jour-là », c’est souvent à la même page que j’ouvrais le livre.

Le livre

Ainsi, de toutes ces années passées à l’école primaire, mises à part les périodes où je voulais être Jean-Paul Bertrand-Demanes, je ne démordais pas de la fiche 43, d’abord en bleu, puis en noir, lecture ensuite complétée par les différentes encyclopédies animales remplissant un rayon de la bibliothèque familiale.

Vétérinaire

Mais, ma vocation allait subir un coup d’arrêt fatal au début de mes années de collège. En fait, les deux, celle de vétérinaire et celle de gardien de but professionnel. La seconde car j’allais troquer le ballon rond contre des petites balles blanches, et la première, qui est quand même le socle de ce texte, par excès de pédagogie maternelle.

En effet, ma mère aimait à s’occuper du potager familial et, pour protéger ses rangées de haricots verts, avait mis en place un filet. Et ce qui devait arriver se produisit : une merlette s’empêtra dans le filet. C’était un week-end et ma mère découvrit l’infortunée avant que Zouka ou Scotch, ou les chats du voisinage, ne viennent jouer avec. Elle vint interrompre la construction d’une superbe voiture en Lego Technic pour me proposer d’aller libérer la pauvre bête.

L’opération « free bird » fut un fiasco. Arrivé devant la merlette qui, apeurée, se débattait de plus belle, je ne sus pas par trop quel bout la prendre et, au bout de cinq longues minutes, j’abdiquai et retournai à la maison rapporter piteusement l’échec de ma mission. Ma mère ne dit curieusement rien et alla libérer l’oiseau.

A partir de ce jour-là, je ne parlai plus de devenir vétérinaire et, un temps, je m’orientai vers taxidermiste (les forêts giboyeuses de Sologne n’étaient quand même pas si lointaines), naturalisant espèces sauvages et domestiques.

taxidermiste

Cette nouvelle vocation n’était franchement pas du goût de mes parents et je compris assez vite que je finirai par faire un bac E, comme tout le monde, enfin comme mes frères aînés… L’arrivée du ZX81 allait sceller la suite de mon cursus scolaire…

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